Objectifs du Plan France Numérique 2020 et bilan du plan 2012

Le 30 novembre 2011, dans le cadre des 4e assises du numériques, Éric Besson, ministre de l'Industrie, de l'Énergie et de l'Économie numérique, a présenté officiellement le bilan du programme France Numérique 2012 et en a profité pour mettre en avant de nouveaux objectifs à l'horizon 2020. On peut admirer, au passage, son grand sens de l'économie : des 154 points établis sur 80 pages en 2008, nous sommes passés à 57 points listés sur 4 pages, bel exemple de rigueur !

Selon lui, 95% des 154 objectifs planifiés pour France Numérique 2012 auraient été réalisés ou sont en cours de réalisation. Quid des 5% restant ? Ont été considérées comme non prioritaires la promotion de la protection des données personnelles au plan international, l'application de la disposition permettant le don de matériels informatiques aux salariés ou encore la vente découplée de l'ordinateur et de son logiciel d'exploitation. Vu que ce dernier objectif n'a même pas été reporté sur le plan France Numérique 2020, ce n'est pas encore demain qu'on va pouvoir acheter son ordi sans windows déjà installé dessus...

En période pré-électorale, que penser de ce genre de discours complaisant et auto-satisfait ? Les intentions sont belles mais avec quel financement ? Cela sous-entend également que l'équipe actuelle reste en place. Éric Besson a fait part de son désir de revenir à ses activités de maire après les élections de 2012, même lui n'y croit plus ?

Consultation pour un Plan France Numérique 2020 et bilan du plan 2012

C'est avec une joie non dissimulée que toute la nation a appris que le camarade Éric Besson, ministre en charge du Госплан, préparait le bilan du plan France Numérique 2012 et venait de lancer une consultation en vue de l'élaboration d'un plan France Numérique 2020.

La patrie du socialisme numérique toute entière attend avec impatience le bilan des 154 actions présentes dans le plan 2012 et le lancement d'un ambitieux plan 2020 pour faire de la France l'avant-garde prolétaire éclairée du numérique.

Création du Conseil national du numérique

Presque 3 ans après la présentation du plan France Numérique 2012, Nicolas Sarkozy installe enfin ce mercredi 27 avril 2011 le Conseil national du numérique (prévu par l'action n°145 du plan) qui serait, selon nos informations, présidé par Jean-Pierre Breloque, créateur de la jeune pousse Kasskooye.com.

Depuis sa prise de fonction en 2007, il semble que le président Sarkozy met les formes avec les lois Hadopi, Loppsi et s'applique consciencieusement à se mettre à dos la majeure partie des internautes, les fameux « djeuns » en premier lieu. On pourrait s'étonner de cette stratégie pour un chef de l'État soucieux de l'intérêt général. Mais c'est oublier que Nicolas Sarkozy est avant tout un candidat à sa propre succession et qu'il travaille donc d'abord à séduire son électorat de vieux, conservateurs et bisounours en tous genres.

Libertalia, le 27 avril 2011.

Ici gît le FDI

Créé en 2001 le Forum des Droits sur l'Internet tiendra le 7 décembre 2010 une assemblée générale en vue de la dissolution anticipée de l'association. Les pouvoirs publics, via le ministère de l'Industrie, ayant décidé de ne pas reconduire la subvention annuelle permettant de financer cette structure.

Le plan France Numérique 2012 prévoyait en effet dans son action n°145 de « Créer un conseil national du numérique, regroupant les attributions du comité de la télématique anonyme (CTA), du conseil supérieur de la télématique (CST), du forum des droits de l'Internet (FDI), du conseil consultatif de l'Internet (CCI), du conseil stratégique des technologies de l'information (CSTI) et du comité de coordination des sciences et technologies de l'information et de la communication (CCSTIC).. Ce CNN devait être mis en place le 1er janvier 2009. Pour le moment ce projet n'a toujours pas abouti mais ne devrait peut-être pas tarder à voir le jour comme boite à outils pour « civiliser Internet ».

Le FDI s'est surtout fait connaître pour son service de médiation en ligne, un certain nombre de guides (dont certains de propagande comme le guide "Net Attitude"), mais aussi et surtout par son atonie complète lors de la préparation des lois DADVSI et Hadopi, alors même qu'une de ses missions était de servir à éclairer en amont le travail du législateur. Et sa présidente, Isabelle Falque-Pierrotin a eu les honneurs des Big Brother Awards notamment pour sa « collaboration déterminée à l'évitement de toute évaluation scientifique et contradictoire de l'utilisation du vote électronique en France ». Elle a également participé à la « Mission Olivennes » dont l'Hadopi a découlé. Notons que le FDI ne coutait au contribuable qu'un peu plus d'un million d'euros pendant que l'Hadopi coûte plus de 14 millions d'euros.

Libertalia, le 06 décembre 2010.

La France ne veut pas de Wikileaks

Éric Besson souhaite raccompagner Wikileaks aux frontières françaises (voir notamment les articles du Figaro et du Monde.fr). Pourtant, Wikileaks ayant aussi vu son nom de domaine retiré, Monsieur le Ministre devrait avoir un devoir de solidarité lui dont le nom de domaine francenumerique2012 a été perdu par le gouvernement français. Et comme le dit Ovh « Ce n'est pas au monde politique ni à Ovh de demander ou de décider la fermeture ou pas d'un site mais à la justice ».

Libertalia, le 03 décembre 2010.

Le numérique a sa propre identité

Éric Besson est, depuis le 15 novembre 2010, en charge notamment de l'économie numérique dans le nouveau gouvernement de François Fillon. Il a en effet été nommé « ministre auprès de la ministre de l'économie, des finances et de l'industrie, chargé de l'industrie, de l'énergie et de l'économie numérique ».

Cette nomination est à mettre en parallèle avec la dissolution du secrétariat d'état à la prospective et au développement de l'économie numérique, ainsi qu'à l'inclusion de ce portefeuille au sein du ministère de l'économie, des finances et de l'industrie. Nous saluons ce retour au numérique pour Éric Besson, même si nous devons regretter qu'une fois de plus que l'approche numérique du gouvernement soit ainsi réduite à la seule composante économique. Espérons que l'existence de services administratifs permettra d'avancer.

Quoi qu'il en soit cela renforce l'intérêt de notre action.

Libertalia, le 15 novembre 2010.

Pourquoi ce site ?

Logo plan France Numérique 2012Lors de la campagne présidentielle de 2007 Nicolas Sarkozy avait pris, dans une tribune « La France à l'ère numérique », une série d'engagements et notamment : « Je confierai à un membre du gouvernement la mission de prospective, de pilotage et de coordination de la politique de l'internet et du numérique. Chef de file, il disposera des moyens politiques et financiers nécessaires à sa mission et représentera la France dans les négociations européennes et internationales sur le sujet ». Le candidat Sarkozy avait l'ambition de placer la France dans le peloton de tête des nations numériques.

En 2008 le Président de la République Nicolas Sarkozy et le Premier ministre François Fillon confient à Éric Besson (à l'époque Secrétaire d'État chargé de la Prospective, de l'Évaluation des politiques publiques et du Développement de l'économie numérique) la mission d'organiser des « Assises du Numérique ».

L'objectif de ces « Assises du Numérique », lancées en mai 2008, était d'élaborer, en concertation avec les acteurs concernés, un plan global de développement de l'économie numérique.

Le plan « France Numérique 2012 » (qui propose 154 actions) est présenté le 20 octobre 2008 à l'Élysée par Éric Besson, qui remplace au pied levé Nicolas Sarkozy. Pour le suivi du plan d'actions un site internet www.francenumerique2012.fr avait été ouvert.

Malheureusement le site, ainsi que les 154 actions, ont disparu courant 2010. Le domaine n'a même pas été renouvellé par le gouvernement.

Citoyens soucieux des politiques publiques en matière de numérique nous avons repris le domaine. Aifin d'éviter qu'il ne fasse l'objet de cybersquatting et pour contribuer à l'éclairage de nos concitoyens notamment lors de la future élection présidentielle de 2012. Nous vous donnons rendez-vous dans quelques mois.

« Le droit à l'oubli numérique n'existe pas pour les engagements politiques »

Libertalia, le 08 novembre 2010.